Arrêt pilule : Les deux premiers mois de sevrage

Avant de se lancer, on se pose mille questions, on cherche des témoignages, et j’ai fait pareil ! On veut savoir ce qu’il peut se passer durant la période de sevrage, se préparer physiquement et psychologiquement, et se rassurer.
Et quand on est en plein dedans, on voudrait trouver des personnes qui passent par les mêmes soucis, pour avoir des astuces et du soutien

J’en ai parlé dans mon article sur l’accompagnement du sevrage, mais tu peux trouver du soutien sur le site de Ma vie après dans « Le Cocon ».

Alors je tiens à te rassurer, la plupart des personnes passant par un sevrage progressif de la pilule contraceptive (ou même par un arrêt net) s’en sortent très bien ! J’ai des proches qui l’ont arrêtée net, et n’ont eu aucun problème ou assez léger. Certaines personnes n’ont aucun symptôme post-pilule, d’autres, plutôt légers pendant quelques mois. Enfin, un petit pourcentage passe par des étapes plus compliquées. C’est propre à chaque corps, à sa sensibilité, son énergie vitale, son environnement, aux éléments mis en place, son alimentation, son stress, et éventuellement aux nombres d’années que tu as pris la pilule.

Spoiler direct, les deux premiers mois ont été assez difficiles pour moi… Mais pour remettre cette phase de sevrage dans son contexte, si tu as lu mon article sur la décision, tu sais que je sortais d’un souci de santé et de nombreuses années où mon travail accaparait toute mon énergie. 

Premier mois de sevrage

Je prends donc ma décision en août 2020. Je comptais finir ma plaquette, avoir mes règles, et débuter le sevrage avec 3/4 de pilule. J’ai acheté tout ce qui était nécessaire et j’étais déterminée. Et bien devine… Mes règles (avant de commencer le sevrage) ont été les plus douloureuses que j’ai eues en 11 ans de pilule. J’étais très fatiguée, gênée toute la journée, une sorte d’inconfort permanent en bas du ventre et des crampes… Ah ! Et avec deux jours de retard, alors que sous pilule, j’avais la date et presque l’heure exacte où « les anglais débarquaient ». Autant dire que ça commençait mal, et je comprenais bien que tout allait se jouer au mental. Le côté psychologique a pris le dessus, et c’était vraiment étrange après 11 ans de tranquillité. Mais ma décision était prise.

Je vais faire rapide pour le côté psychologique, je n’ai eu aucune amélioration. Tout va bien pour moi, simplement quand on apprend à bien s’écouter avec les années, et on remarque plus de choses. Et depuis quelques mois, mon humeur faisait beaucoup de hauts et bas. J’avais aussi tendance à m’énerver plus facilement. Je pense, comme beaucoup de personnes sous pilule le ressentent, que je n’étais pas vraiment moi-même. Et sur ce point, pas d’amélioration, j’étais trop focalisée sur la gestion des effets secondaires.

Côté physique, ça a été plus flagrant. La première semaine, quelques boutons lisses sont apparus sur le décolleté, puis partis assez rapidement, pas de gros problème. Sont arrivés ensuite, les fameux boutons dans le cou, et sous le menton, environ 3 ou 4… On les appellera « les petits bâtards » 😉 C’est ceux qui sont bien enflammés, gros et rouge fluo, que tu ne peux pas péter (il ne faut pas de toute façon !) et qui restent pour certains entre une semaine et deux mois (pour moi) ! 

Pour le reste, la totale, j’ai perdu une taille de bonnet niveau poitrine ! Adiós amigos. Et j’avais le ventre assez gonflé, malgré une alimentation végétarienne ++ habituelle. Le tout sans changer de poids (et encore maintenant, 4ème mois). J’ai eu pour la première fois depuis des années, d’énormes envies de sucre, les bonbons type fil à la fraise acidulée c’était le feu dans ma tête ! 

J’ai eu plusieurs boutons et microkystes sur le visage, rien d’incroyable, mais de grosses envies de tripoter qui n’ont rien arrangé. J’ai quand même eu des périodes où ma peau était plutôt bien.

D’autre part, la fatigue a été assez extrême, mais oscillante. Sur ce premier cycle, j’ai eu environ 70% de jours super down, entrecoupés de jours où j’étais pleine d’énergie ! Très fatigant comme situation. J’ai eu aussi quelques jours d’insomnie, toujours à heure fixe vers 4h du matin. En naturopathie et en médecine chinoise, on attribue ces réveils à heure précise à un disfonctionnement d’un organe du corps. Entre 2h et 4h, c’est le foie… Hasard ? Je ne crois pas 😉

J’ai eu 3 migraines assez violentes, une au tout début, et deux au milieu du cycle. Je n’ai presque jamais de migraine, et ces fois-ci, j’étais bloquée au lit, et à en vomir.

Côté cycle, j’ai (je pense) senti une ovulation. Assez douloureuse, 14 jours pile après avoir débuté le sevrage, j’ai passé deux jours avec des crampes à l’ovaire gauche et très fatiguée.
Puis, mes règles sont arrivées une semaine avant la date « habituelle » (je prenais encore mes 3/4 de pilule). Ces règles de 11 jours (jusqu’à la reprise de la plaquette suivante) ont été précédées de 3 jours de spotting. Autant te dire que je n’en pouvais plus ! Même si je n’ai eu aucune douleur, et qu’elles n’étaient pas trop abondantes.

Côté positif, outre les règles sans douleur et sans version « Chutes du Niagara », la libido va bien. Mais contrairement à d’autres témoignages, je n’ai jamais eu de libido complètement en berne à cause de la pilule.

Deuxième mois de sevrage

C’est le mois de stabilisation à 3/4 de pilule. Peut-être l’un des plus difficiles avec le premier mois.

Côté psychologique, un peu pareil que le premier mois. Pas de changement notable, j’étais surtout fatiguée (pas de façon extrême comme le premier mois) par tous les changements, les effets secondaires, et les premières règles interminables de ce sevrage. Pour booster un peu l’énergie, j’ai pris des compléments de zinc et de magnésium. Minéraux dont on peut manquer après de nombreuses années sous pilule.

Depuis le début de ce sevrage, je suis très sensible émotionnellement, surtout au milieu du cycle et juste avant les règles. Je peux pleurer par empathie en regardant Objectif top chef ou L’amour est dans le pré, voilà le niveau… Mais je précise que les derniers mois sous pilule étaient compliqués sur ce point, avec des hauts et des bas. C’est aussi un élément qui m’a fait sauter le pas du sevrage. Pour être plus tranquille dans ma tête.

Côté physique, c’est le retour des petits bâtards, environ 5. Toujours dans le cou, soit sous les mâchoires, soit sous le menton. Sauf qu’ils s’additionnent aux autres qui ne voulaient pas partir. Certains sont apparus au niveau des tempes ou entre les sourcils, bref, encore et toujours le foie qui essaie d’éliminer. Mais je me suis notée que j’avais plusieurs jours avec une peau plutôt bien, voire mieux que sous pilule.

Le ventre s’est dégonflé petit à petit. Les seins ne sont jamais revenus, si vous les retrouvez merci de me laisser un message, je passerai les récupérer contre une récompense 😉 

Je perdais un peu mes cheveux, mais je n’ai pas fait spécialement attention, car je ne le remarquais pas en me regardant dans le miroir.

J’ai continué à avoir des insomnies quelques nuits à 4h ou 4h40 du matin, et deux ou trois nuits avec des rêves très bizarres et super réels.

Encore une fois, j’ai senti une ovulation, ou en tout cas je le pensais, car mes règles sont arrivées pas mal de temps après. Comme la première fois, douleurs et crampes, avec beaucoup de fatigue, migraine et nausée violente. J’ai de nouveau eu 2 migraines matinales (qui arrivent au réveil et s’en vont dans la matinée) juste avant mes règles.

Autre point, en toute transparence, et pour lequel je n’ai pas trouvé d’information ou de témoignage sur internet : les problèmes gynécologiques. Bon, je me mets à nu, c’est le cas de le dire, mais j’espère trouver des réponses ou en apporter à d’autres personnes. Sur les trois dernières années, je suis allée plusieurs fois au gynéco ici en Espagne. Une fois pour des saignements violents en milieu de cycle. Après observation, col de l’utérus trop sensible et « friable » (oui, j’ai pensé à un petit biscuit sablé), sans raison, et des résultats de frotti perdus… L’année suivante, check-up, et idem : inflammation du col (moi je ne sentais rien), qui saigne facilement, mais sans raison selon les gynécologues, pas de maladie, ni de papillomavirus, rien à déclarer, retour maison. Et cette année, je voulais être sûre qu’il n’y avait vraiment rien. Je fais un check-up, et pareil… On me dit : col de l’utérus « friable », qui saigne énormément au frotti, et la gynéco (en clinique privée, cette fois-ci j’ai changé) ne se pose pas plus de questions malgré mon insistance. Résultats d’analyses nickel. 

Donc, je n’ai pas de réponse depuis 3 ans, mais visiblement je n’ai « rien ». Je me demande si cela viendrait de 11 ans de pilule, ou des tampons ? 

J’attends vos retours en commentaire, si c’est arrivé à quelqu’un 🙂 !!

Autre élément que j’ai ajouté lors de ce deuxième mois de sevrage, c’est les culottes menstruelles ! Entre le fait que j’avais des spottings le premier mois, des règles trop longues et peu abondantes, je ne me voyais pas mettre des tampons. Sans compter le rendez-vous gynéco, où visiblement quelque chose n’allait pas, alors je préférais ralentir sur les tampons (du supermarché, pas bio, pas cool). Des proches avaient testé et adoré alors je me suis lancée. Et, super contente, surtout pour cette période de sevrage, pour moi c’est actuellement la meilleure solution. Je vais préparer un article avec mes retours sur trois cycles de test avec Fempo, et le retour de deux personnes qui ont testé plusieurs marques.

Pour les règles qui ont suivi cette deuxième plaquette de sevrage, aucune douleur, peu abondantes (moins que sous pilule) et peu fluides. Elles sont arrivées 4 jours après la fin de ma plaquette, et ont duré pareil que sous pilule, tout comme « avant », super réglées ! Mon corps visiblement s’est habitué à la dose réduite de 3/4 de pilule.

Voilà pour les deux premiers mois ! Globalement pas facile physiquement, pas mal d’effets secondaires pour moi, mais le moral tient bon. Je te rassure, le troisième mois était mieux sur beaucoup de points, et mon quatrième mois au moment où j’écris, est encore mieux. Mon corps, assez sensible, s’adapte petit à petit.
Et puis, pendant mon deuxième mois, je me suis fait tatouer tout le décolleté, j’ai eu l’énergie et le mood pour le faire, c’est que le corps en a sous le pied 😉 Le tout est de se ressourcer et se rebooster où l’on peut : des proches, un lieu, une activité physique…  Pour moi, c’est la mer à Valencia !

 

plage

Je serai ravie de lire ton témoignage en commentaire sur ton arrêt de pilule, ou ton sevrage ! Les bons côtés, et les plus compliqués. 
N’hésite pas aussi à laisser une note à cet article !

Je t’envoie plein de bonnes ondes 😉

Un abrazo !

Cam

5 3 Votes
Ta note
S’abonner
Notifier de
4 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir les commentaires

Bonjour Cam,

Géniale ton témoignage, je suis sur mon premier mois de sevrage et j’ai pour l’instant les même effets que toi !
Petite question, tu as fais ta semaine d’arrêt entre chaque pilule pour ton sevrage ou tu as enchainé les plaquettes ?

Merci
Bise

Quel courage d’affronter tout ça vraiment j’admire, j’ai moi même arrêté la pilule après 2ans à la prendre, je l’ai prise de 16ans a 18ans et après avoir vu une vidéo au sujet des effets de secondaire j’ai décidé de l’arrêter du jour au lendemain, et de ce côté là j’ai eu bcp de chance, je n’ai eu que très peu d’effets secondaires.
Je te souhaite plein de courage pour la suite du sevrage, tu vas y arriver !

4
0
N'hésite pas à me donner ton avis !x
Défilement vers le haut